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Le blog du cinéma, de tous les cinémas

Maléfique (Robert Stromberg, 2014)

Publié le 14 Juin 2014 par Curzio M in Critiques

Film américain de Robert Stromberg (2014), avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley, Brenton Thwaites et Sam Riley.

Coproduit par Walt Disney Pictures.

En salles depuis le 28 mai.

Les rois de l’imagination manqueraient-ils aujourd’hui d’imagination ? Depuis déjà de nombreuses années, les studios Disney, dont on ne remettra pas en cause l’extraordinaire capacité de renouvellement sur des décennies, se sont livrés sans retenue, pour des raisons commerciales évidentes, à la manie des « suites » - et ont cédé à tous les clichés, plus ou moins admissibles, qui en découlent : intrigues parfois bâclées et sans invention (quand ce n’est pas succession de sketches inconsistants), dessins ou animations paresseuses, redondances malvenues… Les 101 Dalmatiens 2, Mulan du même chiffre, Le Roi Lion 3, ne sont que quelques exemples de cette déferlante de séquelles, instantanément prévues pour le dvd familial vendu entre le 1er et le 24 décembre.

Il y a sept ans, les mêmes studios nous présentaient Il était une fois, relecture moderne et semi-réaliste des contes de fées qui ont fait leurs heures de gloire : de Blanche-Neige, notamment. On était en droit de craindre le pire, et le film, mélange d’animation de prises de vues réelles, était tout de même convaincant et agréable, sans créer le bouleversement qu’il semblait annoncer (la rencontre explosive entre l’univers des princesses et du Manhattan « branché » des années 2000 finissait par devenir un cliché comme tant d’autres). Voici qu’ils récidivent dans leur tentative, cette fois à travers la réécriture d’un grand classique du dessin animé, La Belle au Bois Dormant.

D’entrée de jeu, le titre, Maléfique, place au centre de l’attention le personnage de la reine cruelle, rendu célèbre par le précédent film. Ce premier parti-pris impose une nouvelle direction : la jeune Aurore, tendre et vulnérable princesse, sera reléguée au second plan, et c’est l’évolution de la « méchante » attitrée qui constituera la trame. Assez vite, pourtant, le spectateur comprend qu’il n’y a pas là un renversement si considérable : la reine Maléfique est d’abord une amoureuse déçue, une femme de pouvoir trahie, et c’est par vengeance qu’elle va infliger à Aurore la célèbre malédiction de la quenouille. Il va ainsi falloir, non seulement la comprendre, mais encore la suivre dans ses manigances… qui tombent à l’eau à la moitié du film. En effet, sitôt le mal accompli, Maléfique sera prise de remords et s’attachera à sa victime, au point de vouloir la sauver et de se retrancher du monde obscur où l’on s’attendait à la voir gesticuler.

Par conséquent, la seconde partie du film ne se différencie pas tellement des scénarios auxquels nous sommes habitués ; elle est même plutôt consensuelle. On le lui pardonnera volontiers si la qualité graphique est au rendez-vous, car tout cliché peut se prêter à des audaces visuelles, ou, à défaut, à des illustrations soignées et agréables. Le tout est donc de savoir si Maléfique reste un divertissement réussi.

Malheureusement, là aussi, le film n’est pas entièrement convaincant. De mon point de vue, le choix des couleurs, trop sombres de bout en bout, contraste avec le raffinement des vitraux qui constellaient La Belle au Bois Dormant : par exemple, la forêt de ronces, que l’on retrouve dans les deux films, n’emballe pas l’imaginaire dans Maléfique comme elle le faisait dans le dessin animé d’origine. Evoquée assez rapidement, en quelques plans ternes et assez banals, elle paraît bien loin de la végétation folle, vertigineuse, dans laquelle s’égarait notre esprit d’enfant. Les personnages eux-mêmes manquent de couleur, au sens propre comme au sens figuré : à l’exception des trois fées, d’un homme transformé en corbeau, d’un tronc d’arbre doué de vie et de parole, et de quelques autres créatures, où est la magie dans Maléfique ? Force est de reconnaître qu’elle est plutôt rare, et dépourvue du souffle que l’on pouvait espérer.

Les rebondissements ne font pas tressauter suffisamment cette matière relativement inerte, puisque le découpage du film ne comporte qu’une originalité à même de réveiller l’intérêt du spectateur : le passage du point de vue de Maléfique à celui d’Aurore, ou encore du roi félon. L’intrigue manque un peu de linéarité à ces moments-là, surtout quand on délaisse la reine pour plusieurs minutes en compagnie de la seule princesse ; mais on trouve là un détour inattendu, qui permet de varier agréablement le ton, et, timidement, les couleurs.

Les assemblées enfantines y trouveront-elles davantage leur compte que l’adulte que je suis ? J’ai essayé, pendant la séance, de me mettre à la place d’un très jeune spectateur, avec toute la difficulté que cela suppose : tantôt j’ai retrouvé des enthousiasmes lointains, tantôt j’ai dû, malgré moi, évoquer le souvenir des dessins animés chatoyants (et entièrement réalisés à la main, pour certains) de l’époque du cher Walt. Aux enfants de s’exprimer, donc, sur le film. Quant aux adultes, auront-ils retrouvé le charme des grands classiques, passé un moment agréable, ou enduré une heure et demie d’ennui profond ? Plus que moi, auront-ils grâce à ce livre d’images retrouvé une fraîcheur toujours sommeillante ? Je ne peux que le leur souhaiter.

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Axelys 16/06/2014 21:13

Personnellement , ce Film m'a bien plus.
Ta critique est pertinente, mais je trouve cette version plus réaliste que celle de la versions du dessin animé qui était positive et naïve (car Disney positive tjr des histoires tragiques). Car le principe de l'homme cupide et avide de pouvoir prêt à trahir est très crédible.

Après, visuellement il est agréable.

C'est pas le film du siècle, mais il est distrayant à mon gout, tout simplement :-)

Axelys 16/06/2014 20:44

Personnellement , ce Film m'a bien plus.
Ta critique est pertinente, mais je trouve cette version plus réaliste que la versions du dessin animé qui était faite d'une version positive ( car Disney positive tjr des histoire tragique). Car le principe de l'homme cupide et avide de pouvoir pret à trahir est très crédible.

Après, visuellement il est agréable j’ai trouvé.

C'est pas le film du siècle, mais il est distrayant à mon gout, tout simplement :-)