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Le blog du cinéma, de tous les cinémas

Le plaisir de déplaire: Cannes, 1973

Publié le 30 Janvier 2015 par Curzio M in Vidéos

On ne peut pas plaire à tout le monde, on peut également déplaire à un grand nombre. En 1973, Marco Ferreri jette un véritable parpaing dans la mare avec La Grande Bouffe. Les réactions ne se font pas attendre: on peut ainsi entendre, sur cette vidéo, la réaction d'une dame pour le moins "fâchée", lors du festival de Cannes de la même année. Je vous laisse "savourer" les propos et la manière dont ils sont lâchés...

Le film, (presque) unanimement considéré à l'heure qu'il est comme une œuvre majeure, a valu à son réalisateur et à ses interprètes, à l'époque, des attaques qui aujourd'hui paraissent invraisemblables: de L'Humanité à Minute (autrement dit, des plus "progressistes" aux plus "réactionnaires"!!!), de nombreux journaux se déchaînent, allant jusqu'aux pires insultes. De quoi faire réfléchir.

Je me souviens d'Andréa Ferréol racontant, il y a quelques années, qu'elle avait été refusée dans de grands restaurants parisiens au moment de la sortie du film. Tout comme je me rappelle Philippe Noiret faisant observer, peu avant sa mort, que tout cela ne datait que de quelques petites décennies...

Je propose ci-dessous un petit sottisier des attaques lancées contre La Grande Bouffe par la presse française. Et sans tenir compte de l'étranger... Il est instructif, surtout en 2015 où la question de la censure se pose encore à nous de manière très manifeste.

Le Monde : « le plus grand reproche que l'on peut lui faire [c'est de nous] écoeurer au lieu de nous choquer. »

L’Humanité met en accusation « la minceur du propos, l'aspect sec et caricatural de sa transcription. »

Télérama : « Obscène et scatologique, d'une complaisance à faire vomir, ce film est celui d'un malade qui méprise tellement les spectateurs que l'on ne peut que se réjouir des huées qui l'ont accueilli, lui et ses interprètes, au sortir de la projection. »

Le Canard enchaîné juge le film « sinistre ».

Europe 1 : « avec la projection de La Grande Bouffe, le Festival a connu sa journée la plus dégradante et la France sa plus sinistre humiliation. »

Paris Match : « Honte pour les producteurs […], honte pour les comédiens qui ont accepté de se vautrer en fouinant du groin […] dans pareille boue qui n’en finira pas de coller à leur peau. Honte pour mon pays, la France, qui a accepté d'envoyer cette chose à Cannes afin de représenter nos couleurs (…) Honte, enfin, pour notre époque dont la faiblesse tolère, finance, encourage, dévore et déglutit pareille pâtée d'excrément. »

Pour Le Figaro, le film « mérite l’Oscar mondial de la vulgarité. »

Minute, enfin, dénonce des « terroristes de la culture se trouvant depuis fort longtemps sous la coupe des moscoutaires. » Rien moins que ça!

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fg 30/01/2015 20:08

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