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Le blog du cinéma, de tous les cinémas

Hors de prix (Pierre Salvadori, 2006)

Publié le 9 Juin 2014 par Curzio M in Critiques

Film français de Pierre Salvadori (2006), avec Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Marie-Christine Adam, Jacques Spiesser, Vernon Dobtcheff...

Diffusé sur France 4 le 8 juin 2014.

Disponible en DVD (éditeur : TF1 Vidéo).

Depuis quelques années, le cinéma français voit fleurir ce que l’on pourrait appeler les « comédies de la Côte d’Azur », avec un bonheur plus ou moins grand. Leur recette éprouvée : le soleil, l’odeur du luxe, le vrombissement des voitures de course, les bikinis, les réceptions d’hôtel désertes en pleine nuit. Le temps est loin des Compères, des Seins de glace, ou encore de La Bonne Année, films qui rendaient l’atmosphère si spéciale de la Côte, son mélange de nostalgie et d’élégance. En témoigne le bien pâlot Quatre Etoiles, de Christian Vincent, tout juste relevé par le jeu de François Cluzet. L’Arnacoeur, La Fille de Monaco sont de cette lignée, à des degrés divers.

Hors de prix, également. Si le film commence à Biarritz, il ne tarde pas à nous entraîner sur la French Riviera, avec prédilection pour les hôtels de luxe et les boutiques branchées : en cela, le titre ne trompe pas le spectateur. Une jeune femme adroite (Audrey Tautou) parvient à se faire entretenir par un riche particulier, qui la mène d’une destination à l’autre, toujours au bord de la mer ; jusqu’au jour où, ayant fauté avec un charmant réceptionniste (Gad Elmaleh), elle perd amant, fortune et perspectives de farniente. Seulement voilà : le fameux réceptionniste passait à ses yeux pour un nabab en villégiature : pour la croqueuse d’héritiers, bien cruelle est la désillusion…

A partir de cette situation de départ assez convenue, Pierre Salvadori parvient à construire une intrigue d’une heure quarante, tantôt amusante, tantôt plus languissante : les deux jeunes héros du film essayant, chacun à sa manière, et par tous les moyens, de connaître la belle vie aux crochets d’un bel héritier ou d’une quinquagénaire esseulée. Il résulte de ce choix scénaristique des scènes parfois redondantes, et souvent dépourvues du sel que l’on serait en droit d’attendre ; il eût mieux valu, peut-être, faire un plongeon dans le bleu de la Méditerranée ; mais même celle-ci reste peu mise en valeur par une caméra qui traque d’une part les montres à diamants et les dorures des suites impériales, d’autre part les sourires timides de Gad Elmaleh ou les minauderies d’Audrey Tautou.

En effet, les acteurs principaux n’apportent à aucun moment la part de fantaisie ou d’excès qui caractérisait certaines comédies de Gérard Oury ou de Francis Veber : on en est réduit à chercher l’émotion derrière le jeu de cache-cache de ces jeunes gens désargentés, en attendant un final qui manque tout à la fois d’originalité et de crédibilité. Il eût fallu une fin réellement cynique pour redorer le blason d’un film qui se présente comme une variation moqueuse autour du luxe et de son attrait… avant de s’achever comme une très ordinaire comédie sentimentale. Que celui qui peut croire un instant au revirement d’Audrey Tautou, jeune greluche dont l’horizon se borne aux sacs à main grande classe et aux restos cinq étoiles, à sa passion subite pour l’innocent et quasi insignifiant réceptionniste, me jette à ce propos la première pierre.

Dans Après Vous, comédie cynique et très habile mettant en scène un suicidaire (José Garcia) et son « malheureux » sauveteur (Daniel Auteuil), Pierre Salvadori avait opté pour une conclusion infiniment plus convaincante, mais aussi plus cruelle (l’un ne va pas sans l’autre, parfois, lorsqu’il est question de comédie). Hors de prix, film sans surprise et dépourvu de génie, n’est sauvé in extremis que par des plans rigoureux et adroitement conçus, ainsi que par Marie-Christine Adam, et deux ou trois seconds rôles bien venus (dans les premières minutes, deux pittoresques vieilles dames et leurs toutous « à promener ».) A trop vouloir être dans la nuance, dans la variation subtile autour d’un thème choisi, cette comédie agréable à voir, probablement vite oubliée, manque le coche et ne récolte ni nuance, ni subtilité, ni éclats de rire du spectateur.

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xxx 09/06/2014 22:59

Ne perds pas ton temps avec ce genre de niaiseries!!! il est nul ce film!!!

Curzio M 09/06/2014 23:09

Parlerais-tu d'expérience, l'ayant vu (ou subi, visiblement)?